Chroniques d’un voyage en terres inconnues. Prague, la ville aux cents clochers !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

« Quoiqu’il en soit, Prague porte l’hérédité de la prêtresse légendaire en devenant, comme il avait été présagé, « ville d’or », « ville aux cent tours », et plus tard « mère des ville » ou tout simplement « la petite mère » (…). Prague ne vous lâche pas. Pas un seul d’entre nous. Prague, la mère des villes et des serres… Il nous faudrait l’enflammer des deux côtés, à Vysehrad et à Hradcany, alors il serait possible de nous en débarrasser ». Franz Kafka.

     Comment mieux commencer cet article sur Prague qu’en laissant la parole à l’un de ses plus illustres représentants, surtout quand celui-ci traduit si bien les émotions que fait ressentir cette ville si particulière ? « Ville aux mille facettes », voilà une autre expression que Kafka aurait pu utiliser tellement la capitale tchèque est dense malgré sa relative petite taille. Ces facettes, je vais vous en proposer deux. Deux itinéraires différents mais qui proposent chacun de découvrir la ville, mais aussi l’histoire de ses habitants. Le premier, c’est le parcours « classique » de tout touriste visitant Prague, celui des monuments les plus célèbres. Le deuxième (article suivant), c’est une visite plus « originale », moins « conventionnelle ». Deux petites précisions. Tout d’abord ces parcours que je vous propose, je ne les ai pas effectués moi-même. En fait chacun de mes 3 jours ont mêlé découverte du Prague des guides touristiques et du Prague plus inattendu. Mais raconter ces 3 jours me prendrait beaucoup de temps. Et surtout, si vous souhaiter passer un week-end à Prague dans l’avenir, vous aurez désormais un parcours par jour (les deux parcours peuvent se faire en une seule journée je pense mais on a alors moins le temps d’en profiter) à votre disposition sans avoir à acheter le guide du routard ou à chercher sur internet ! Ultime précision : comme je l’ai précisé un peu plus haut, Prague n’est pas une ville immense. Du coup on peut tout faire à pied et marcher dans une si belle ville, c’est vraiment…le pied ! Pour ceux qui préfèrent les transports en communs, Prague est très bien équipé : 3 métros et de jolis trams rouges couvrent entièrement la ville.    Premier trajet donc, celui qui va du Château à la place Wenceslas.    Le numéro 1 (cliquez sur la carte puis zoomez), c’est le château fort où les rois tchèques, les empereurs du Saint-Empire romain germanique, les présidents de la Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque, siègent ou ont siégé. C’est en réalité un grand « complexe » où on trouve le palais royal, la cathédrale Saint-Guy, des églises, le jardin royal (que je n’ai pas pu voir : il était fermé)…

    Suite de notre itinéraire : le pont Saint Charles et ses nombreuses statues. C’est un des symboles de la ville et il fourmille donc de touristes mais aussi de musiciens, de dessinateurs… Un lieu plein de vie. Une statue, la plus ancienne (1683), retient particulièrement l’attention de la foule : celle de saint Jean Népomucène, prêtre à Prague sous le règne de Venceslas IV. Refusant de révéler au roi ce que lui avait confié la reine en confession, il fut jeté par dessus le pont en 1393 (sur ordre du roi). Une fois décédé, une auréole serait apparue au-dessus de l’eau. Sur mes photos, sa statue est donc reconnaissable par son auréole et sa palme du martyr dorées. Les touristes aiment toucher deux dorures situées sur le piédestal : la silhouette du chien de la famille royale, signe de fidélité, et celle de la reine, qui apporterait le bonheur. Quelques mètres plus loin (photo suivante) une croix en or marque l’endroit d’où aurait été jeté Jean Népomucène. Touchez-là et  faites un vœu : il se réalisera ! C’est du moins ce que dit la légende.

    Ensuite direction la Place de la Vieille-Ville. Pour y arriver, pas de grand boulevard mais de petites rues colorées magnifiques ! Plusieurs bâtiments la bordent : l’impressionnante église Notre-Dame du Týn tout d’abord. Difficile d’en trouver l’entrée puisqu’elle est encadrée par des maisons basses… Malheureusement elle était fermée durant mon séjour. Autre édifice religieux : l’église Saint Nicolas dont j’ai pu prendre quelques photos des superbes fresques de l’intérieur. Mais la place est surtout célèbre pour son beffroi (tour de l’hôtel de ville) dont une horloge astronomique orne la façade. Composée d’un rond fixe et d’un cercle zodiac, elle permet de lire l’heure ou la position du soleil par exemple. Mais c’est pour tout autre chose qu’une masse de touriste se presse souvent en face de cette horloge. À chaque heure, deux fenêtres s’ouvrent au dessus des cadrans et 12 petites figurines (les 12 apôtres) défilent lentement. Pendant ce temps les quatre automates placés à côté des cadrans s’animent tandis que la clochette du Campanile se met à sonner. A la fermeture des fenêtres, un coq en or situé tout en haut de la tour s’avance et chante. Enfin un homme en costume d’époque joue un air de trompette avant de saluer la foule ! Bien sympa tout ça !

    Ensuite : la Place de la République. On y entre en passant sous la tour Poudrière, très imposante. Sur la place, on peut aussi observer la maison Municipale. Construite à l’emplacement de l’ancien Palais royal, c’est aujourd’hui un vaste complexe avec salle de concert, de réception, d’exposition, brasserie, restaurant…

    Enfin rendez-vous place Venceslas : les « Champs-Élysées » de Prague. C’est un fait une grande avenue bordée de superbes bâtiments. Au bout on peut observer un statue équestre de Saint Venceslas, souverain Tchèque et saint patron de la République Tchèque. Juste derrière la statue se tient le Musée National.

    A bientôt pour le deuxième parcours !

    P.S. : toutes les photos du trajet sont dans le diaporama en haut de l’album, j’ai abandonné l’idée de les mettre toutes : trop de temps pour les télécharger et les insérer une à une.

Publicités

Chroniques d’un voyage en terres inconnues. Venise, la nuit et la conspiration de l’enthousiasme…

    Bon je sais j’ai été un peu long depuis mon dernier article mais la famille qui vient, la reprise des cours… Je compte bien me rattraper ! Au menu : Venise de nuit, du train, Prague, Vienne, Graz, des paysages, des monuments…

    Première (courte) étape : Venise ! Ahhh Venise… S’il est des villes qui font pétiller les yeux, qui mettent des étoiles plein la tête, qui font rêver, alors Venise est au moins dans le top 5 (avec Paris, Rome… au fait, quel est le top 5 des villes qui font rêver ?). Donc 4 heures à Venise le temps de changer de train, ça donne quoi ?

    Arrivé à 19h00 sur place je prends de suite le chemin de la place San Marco. N’étant jamais allé à Venise jusque là, c’est une totale découverte sans doute bien différente de ce que l’on voit d’habitude puisqu’il fait nuit et froid et qu’il n’y a donc pas grand monde dehors. Entre les minuscules ruelles mal éclairées, les ponts d’un marbre blanc étincelant au milieu de la pénombre, les bâtiments qui se reflètent dans l’eau au clair de lune… Venise de nuit, c’est la métaphore d’une poésie incarnée ! En 30 mn je suis sur la place la plus célèbre de la ville. Et la piazza San Marco de nuit c’est pas mal non plus : presque personne, l’impression d’être seul au monde à un endroit que la foule remplie d’habitude. Un moment vraiment unique. Du coup comme il me restait beaucoup de temps avant le train, j’ai décidé de quitter les rues principales et de marcher à travers les petites rues, de voir un autre visage que celui de la Venise que tout le monde connait… Grosse erreur ! Bon en plein jour sous les rayons du soleil et entre amis, je ne dis pas. Mais par une nuit froide du mois de janvier avec pour compagnon un sac à dos plein à craquer et sans carte pour se repérer, tout devient rapidement plus compliqué ! En résumé : 30 mn à marcher tranquillement en admirant les belles maisons, les petites places… et en croyant aller plus ou moins dans la direction de la gare. Puis 20 mn à vagabonder, à tourner en rond, à me dire que mon sens de l’orientation m’a peut-être finalement trompé ^^ Ensuite la rencontre d’un petit groupe d’autochtone, une demande simple : « par où la gare ? ». Une réponse plus complexe : « Oula… C’est loin. Par là, mais c’est loin » (en m’indiquant de faire demi-tour). Et enfin 45 mn pour retourner à San Marco puis à la gare (j’avoue qu’à la fin le sac commençait à peser…^^). Dans La Vie errante, Maupassant écrit « Aucun coin de la terre n’a donné lieu, plus que Venise, à cette conspiration de l’enthousiasme ». J’ai envie de dire : ben des fois l’enthousiasme, il faudrait que j’apprenne à le freiner un peu. Ou pas. En fait c’est sans doute là que réside la beauté de Venise : se laisser submerger par sa beauté comme elle-même l’a été par les eaux…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Chroniques d’un voyage en terres inconnues. Demandez le programme !

    Au fait, je ne vous ai toujours pas présenté mon voyage. En partant pour l’Italie en août, je m’étais dit que l’année Erasmus serait aussi l’occasion de voyager un peu plus loin que simplement chez nos voisins transalpins. 3 semaines de vacances après les partiels de janvier : je pense que c’est le bon moment !

    Le concept. Pour ce périple, j’ai profité d’une proposition de l’Union européenne. Le concept est simple : en échange d’une certaine somme, vous obtenez un pass qui vous permet de voyager (quasi) gratuitement en train. Il existe plusieurs formules. Votre pass peut être spécifique à un seul pays ou concerner l’ensemble des pays de l’UE ainsi que quelques autres dont la Turquie, la Suisse (global pass)…. Il peut être « continu » (vous pouvez voyager tout les jours de la période gratuitement) ou « flexible » (vous devez répartir un nombre restreint de jours de voyage gratuit sur l’ensemble de la période). Dans mon cas, j’ai choisi un global pass flexible valable 5 jours sur 10.

Mon interrail global pass. En fait c'estun simple billet normal avec 5 espaces pour marquer vos 5 jours de voyage ! Fourni avec une feuille d'explications du fonctionnement, une carte d'Europe ferroviaire (et avec des plans sommaires des grandes villes) et un petit carnet de route (quels trains vous avez pris, à quelle heure) à remplir et renvoyer au programme en échange d'un petit cadeau !

        Mon programme. Je dois l’avouer, au début je voulais un peu partir en ayant en tête les destinations sans pour autant vraiment planifier mon voyage. Mais la réalité m’a vite rattrapée : savoir où dormir pour pas cher, être sûr d’y avoir un lit (un peu rassurer les parents aussi^^)… Réserver les nuits en auberge de jeunesse, cela revient aussi à prévoir jours de visites et trajets en train. Pour les voyages une journée de train commence à minuit et se termine à 23h59 (normal). Exception : la règle des 7 p.m. : si un train part après 19h00 et arrive après 04h00 le lendemain, seul le jour d’arrivée compte. Exception de l’exception : cette règle ne s’applique pour le jour du premier voyage. Voilà pour le principe. Concrètement le plus difficile à planifier fut le départ. Ma première étape : Prague. Initialement je devais partir de Bologne le mercredi soir autour de 23h, prendre une correspondance à Vienne le lendemain autour de 10h pour arriver à Prague aux alentours de 14h. Problème : ça me faisait utiliser 2 jours de voyage… J’ai alors remarqué que le train qui faisait Bologne-Vienne effectuait un arrêt à Venise autour de 01h00 du matin le jeudi. J’ai donc pris un billet Bologne-Venise le mercredi soir (arrivée 19h) sans utiliser mon pass (10 euros) et profité de quelques heures de visites dans la Cité des Doges. Ensuite, partie Venise-Vienne dans le train initialement prévu puis Vienne-Prague, le tout en utilisant le pass (seulement le jeudi donc). Vous me suivez ? Bon c’est un peu compliqué mais en résumé, j’ai fait étape à Venise pour ne pas utiliser 2 de mes 5 jours de voyage gratuit. Mon programme détaillé (j’ai écris cet article avant mes visites, en italiques vous trouverez les précisions que j’y ai apporté post-voyage) :

Mercredi 25/01 :Bologne-Venise, visite éclaire de Venise by night.

Plan de Prague.

Jeudi 26/01 : Voyage Venise-Prague avec correspondance à Vienne. Arrivée à 14h30, direction l’auberge de jeunesse pour déposer mes bagages avant de sortir faire un tour en ville. Le château, le mur John Lennon de nuit, le pont Charles. Nuit à Prague.
Vendredi 27/01 : Visite de Prague. Le pont Charles, l’ancien ghetto juif, la place de la Vieille Ville de jour puis de nuit, la place Venceslas. Nuit à Prague.
Samedi 28/01 : Visite de Prague. Le mur John Lennon de jour, le quartier de la gare, l’abbaye de Břevnov, l’église Notre Dame de Laurette, le château. Nuit à Prague ou dans un train pour Vienne selon la fatigue. Finalement j’ai pris le train.

Plan de Vienne.

Dimanche 29/01 : Arrivée à Vienne dans la journée. Auberge de jeunesse. Premières visites. Le quartier de l’opéra de jour et de nuit, le château de Schönbrunn. Nuit à Vienne.
Lundi 30/01 : Visite de Vienne. Déjeuner avec Lucia, une amie slovaque qui étudie à Vienne et que j’ai connu à Bologne lorsque, comme moi, elle s’est jointe le temps d’un week-end au groupe Pietre Vive (groupe lié aux jésuites de Bologne) qui propose de faire visiter gratuitement des monuments de Ravenne (comprenez que c’était nous les guides ! Promis je vous raconterai cette expérience que je compte renouveler). Bref on avait gardé contact (merci facebook^^) et vu que je passais à Vienne, on s’était dit qu’on en profiterait pour manger ensemble et pour qu’elle me fasse visiter la ville. Finalement je n’ai pas pu la voir ce jour-là, elle était malade. Visites du Belvédère, du Naschmarkt (un marché très sympa et plutôt connu de Prague, en face de mon auberge de jeunesse), du ring (hôtel de ville, parlement…), de la cathédrale de jour et de nuit. Nuit à Vienne.
Mardi 31/01 : Visite de Vienne le matin. Les maisons de Beethoven et Mozart. J’ai aussi vu Lucia quelques heures puisqu’elle a pu venir ce jour-là : visite de la superbe université (avec une bibliothèque à la Harry Potter) et du quartier universitaire. Trajet vers Graz l’après-midi (une partie du trajet, la ligne ferroviaire du Semmering, est classée patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO : le trajet lui-même est une visite). Auberge de jeunesse. Nuit à Graz.
Mercredi 01/02 : Visite de Graz. Le centre historique, la colline du Schloßberg. Train pour Bologne.

Jeudi 02/02 : Arrivée dans la nuit ou la matinée à Bologne.

    Sinon, pourquoi un voyage seul ? Tout simplement parce que j’adore voyager en petit groupe d’amis mais que j’aime aussi beaucoup le faire en solo, avoir la liberté d’aller où je veux quand je veux, de changer d’avis au dernier moment, d’aller à mon rythme (généralement assez rapide pour voir un maximum de choses)… De faire mon petit « train-train » (c’est le cas de le dire !) en somme !

Chroniques d’un voyage en terres inconnues. Bref, je suis parti en voyage.

    Petit article façon Bref, la série de Canal+ qui cartonne sur internet. Pour ceux qui ne connaissent pas, lisez le texte à un rythme soutenu en imaginant des scènes qui s’enchainent rapidement (ou alors jetez un coup d’œil à un des épisodes de la série sur internet pour avoir une idée).

    J’avais décidé de partir une semaine en Europe centrale. J’avais une correspondance à prendre à Venise, mon train partait dans 1h30 et je n’avais toujours pas fini mon sac. J’ai rajouté : des affaires de rechange, un pyjama, un sac de couchage, un cahier, un adaptateur de prise et des paquets de mouchoirs. J’ai fermé ma valise.

    J’ai voulu vérifier pour la 15ème fois l’heure de départ de mon train et je suis allé sur internet. J’avais plus de batterie. J’ai voulu brancher ma batterie. J’avais plus d’adaptateur de prise pour brancher ma batterie. J’ai ouvert mon sac, sorti l’adaptateur et j’ai pu vérifier les horaires. Ensuite, j’ai éteint mon ordi, remis l’adaptateur dans le sac, j’ai pris mon manteau et au moment où j’allais sortir, ma colloc est entrée. Je l’ai regardée. Elle m’a regardé. Je l’ai regardée. Elle m’a dit « Ciao» !
J’ai passé 10 mn à lui réexpliquer que je partais une semaine en voyage. Elle m’a répondu qu’elle était contente pour moi. J’allais partir, elle m’a dit : « Ah au fait, tu t’es fait couper les cheveux » ? Je lui ai répondu « oui ». Je sus parti.

    J’ai loupé le bus. J’ai pris le suivant. Je suis arrivé 15mn avant le départ du train, j’ai cherché Venezia Santa Lucia sur le panneau d’affichage et je me suis précipité sur le quai. Je suis monté dans le train. Un gars m’a demandé s’il ne s’était pas trompé. Son billet indiquait Modena-Venezia Mestre. Notre train faisait Bologna-Venezia Santa Lucia. Je lui ai répondu « je sais pas ». Il est parti. Ca avait l’air super bien comme wagon. J’ai demandé à un homme si c’était bien la seconde classe. Il m’a dit « je sais pas ». Il est parti. Une contrôleuse était là, elle m’a demandé mon billet et m’a dit qu’il ne valait que pour les trains régionaux. C’était pas un train régional. C’était pas mon train en fait. Le mien, il partait dans 5 mn sur un autre quai.
Je suis descendu du train, j’ai cherché un tableau d’affichage : voie 11. J’étais voie 1. J’ai couru, j’ai cru que j’allais rater mon train, j’ai accéléré. J’ai cru que le sous-terrain s’arrêtait à la voie 10. En fait comme la 11 était la dernière voie, elle n’était pas indiquée. J’ai failli tomber dans les escaliers, je suis monté dans le train, j’étais essoufflé mais juste à l’heure. Il est parti avec 5 mn de retard.

Bref, je suis parti en voyage.

Chroniques d’un voyage en terres inconnues. Introduction.

    Ca y est, c’est parti ! Une semaine entre Prague et Vienne, avec une courte étape à l’aller à Venise et une autre au retour à Graz. Prêts à me suivre ? Autant vous le dire tout de suite, la majorité des articles qui suivent ont été écrits au jour le jour, voilà donc une sorte de journal de bord de mon voyage. Et en guise d’introduction, petite présentation de mon partenaire un peu particulier…

    C’est fou comme les départs avec un sac à dos rempli ont chez moi un goût particulier ! Vous en conviendrez : une valise à roulette c’est bien pratique (encore que, pour les escaliers…) mais un sac à dos ça possède un petit côté « aventurier ». Et ce sac à dos Lafuma, il en a connu des aventures… Il m’a suivi d’est (camp à Parménie) en ouest (RN de Quimper), du nord (camp à Etrœugnt) au sud (études à Toulouse). Avec le MEJ il est passé par une dizaine de lieux de camp, une dizaine de rassemblements régionaux et nationaux, quelques retours de camp. Pour les études il a traversé la France (Toulouse-Rennes) puis l’Italie (Bologne) avec moi. Et le voilà maintenant parti pour Prague, Vienne et Graz ! Alors, ce sac, il m’est un peu ce qu’est Jolly Jumper à Lucky Luck ou Bill Ballantine à Bob Morane : mon compagnon d’aventures. Et c’est un peu pour ça que ce tour possède une saveur si particulière : ce n’est pas juste un voyage que je fais mais la suite d’une longue série, un nouveau chapitre dans ce beau livre des découvertes.
J’ai donc un peu envie de dire « nous » voici dans ce train.

Un train que j’ai failli rater d’ailleurs…

Vœux européens : entre crise et espérance

    Traditionnellement le mois de janvier est celui des vœux. Alors je vous souhaite à tous une bonne année 2012 et plein de bonnes choses pour vous et votre famille. En cette année bissextile on a même un jour de plus à occuper, alors profitons-en !

    Mais une fois n’est pas coutume, j’aimerais aussi souhaiter une bonne année à l’institution sans laquelle je ne serai pas en Italie aujourd’hui : l’Union Européenne. Alors oui depuis hier souhaiter une bonne année à l’UE ça semble un peu illusoire mais je veux y croire. Quand on est Erasmus, on se rend vraiment compte de ce qui marche dans l’UE. L’euro, quoi qu’on en dise, ça facilite bien la vie et les démarches quand on voyage en Europe. Se faire des amis Italiens, Allemands, Espagnols, Hongrois…et travailler ensemble, voyager ensemble, rire ensemble, faire la fête ensemble : ça n’a pas de prix ! Si on est passé d’une guerre meurtrière les uns contre les autres à des échanges si riches les uns avec les autres, l’Europe y est pour beaucoup ne l’oublions pas. Alors, face aux difficultés, espérons que les responsables politique et économique se rappellent de la devise de l’UE, comme nous-même Erasmus la mettons en pratique tout les jours : « Unis dans la diversité » !

Les drapeaux italiens et européens qui m'ont accueillis à mon arrivée à Bologne, en face la gare

     Mais ces souhaits pleins d’optimisme pour 2012 ne doivent pas faire oublier l’actualité européenne. Talleyrand, figure emblématique du diplomate européen s’il en est, aurait dit un jour : « les financiers ne font bien leurs affaires que lorsque l’Etat les fait mal ». Comment ne pas lui donner raison après ce qu’il s’est passé hier… La perte du triple A ? Oui, mais plus important encore la suspension des négociations sur la restructuration de la dette grecque !

    Revenons un peu sur cet adieu au AAA. Dans cette histoire on a l’impression de revenir à l’école : on nous parle de note, on compare les 3A à un 20/20 et le AA+ à un 19, on décrit les Etats dégradés comme des « mauvais élèves »… Mais ce qu’on oublie un peu trop vite c’est que le sujet n’est pas une banale interro de maths mais bien la capacité d’un Etat à rembourser ses emprunts. On imagine alors une pléiade de spécialistes planchant jours et nuits sur les plus petits détails, analysant les moindres chiffres… Et bien non : à Standard and Poor’s ils sont deux à réellement compter, deux à se partager le rôle d’analyste et d’analyste « secondaire » pour l’ensemble des pays européens. Et sans leur faire injure ce ne sont pas les économistes les plus reconnus mais plutôt de sombres anonymes…ou du moins ils l’étaient jusqu’à il y a quelques mois. Et oui : souvenez-vous de l’avant 2009 : qui connaissait l’existence des agences de notation à l’époque ? Personne ou presque… Et paradoxalement l’événement qui leur a donné tant d’importance, la crise de la dette grecque, est lui-même indirectement lié à la crise américaine des subprimes…qui avait vu ces mêmes agences noter excessivement bien les titres « pourris » jusqu’au déclenchement de la crise ! Deux problèmes se posent alors. Le premier réside dans leur système de notation qui demeure un mystère, fondé sur un mélange de données économiques objectives et d’appréciations personnelles subjectives. Le deuxième, c’est le manque d’acteurs. Alors que l’ont encourage la concurrence dans la plupart des secteurs, trois agences seulement se partagent l’ensemble du « marché » de la notation des pays…

La France n'est pas le seul pays européen à avoir vu sa note dégradée. L'Italie a vu la sienne abaissée de deux crans, de A à BBB+

    Au fait, cette perte du triple A, elle veut dire quoi au juste ? C’est là que ça se complique. Certains nous disent que les taux d’intérêt auxquels la France emprunte vont augmenter quand d’autres nous annonce que c’est déjà le cas depuis plusieurs mois. Du point de vue économique je dois reconnaître que je suis assez déboussolé par les informations contradictoires. Du point de vue politique par contre, la donne est claire. La note de la France dégradée et sous perspective négative, celle de l’Allemagne maintenue avec perspective stable… Angela Merkel consolide sa position de force au sein de l’Europe. Père de l’Europe, Monnet disait « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ». Maintenant que la crise touche « officiellement » les finances d’un des membres du « couple » franco-allemand, le changement semblent de plus en plus inévitable. Si les dirigeants continuent avec des accords a minima, on s’oriente au mieux vers une crise de nerfs généralisée, au pire vers une crise grecque généralisée. Une des solutions proposées serait de permettre à la Banque Centrale Européenne de racheter de la dette des Etats membres de la zone euro. Oh ça ne réglera pas tout mais cela semble marcher au Royaume-Uni. Une dette publique comparable, un déficit publique légèrement plus important…la seule différence avec la France, c’est que la Banque d’Angleterre peut racheter des titres de la dette. Alors bien sûr cela entraînerait une augmentation de l’inflation que la BCE se doit justement de contenir. Mais n’est-il pas temps de changer ses mandats  ? On en revient à la question basique des exposés de Sciences Po : « faut-il un peu plus d’inflation » ou « peut-on placer la limite à 3% au lieu de 2% » ? Les britanniques en sont à 3,3% et rien n’indique qu’ils soient entrés dans une « spirale inflationniste »…

    Mais passons maintenant à l’autre info du jour, la plus importante selon moi : la suspension des négociations pour l’effacement d’une partie de la dette grecque. Depuis quelques semaines plus personne n’en parlait, le « problème » grec avait disparu de l’espace médiatique, c’était une affaire réglée. Hier matin on annonçait même un accord imminent entre le gouvernement grec et ses créanciers privés. C’est alors que l’information est tombée : suspension des négociations. Certains acteurs semblent vouloir jouer la montre. Encore. Alors Angela Merkel et Nicolas Sarkozy vont certainement taper du poing et un accord sera rapidement trouvé ce qui permettra à la Grèce de toucher une nouvelle aide internationale et d’éviter un défaut de paiement le 20 mars prochain (échéances de 14,5 milliards d’euros). Mais en attendant les grecs retiennent à nouveau leur souffle. Encore.

    Alors on se demande bien comment tout cela va finir. Mais comme je le disais plus haut l’UE ne peut se résumer à cette crise. L’UE c’est d’abord un passé, des hommes porteurs d’un idée folle : la coopération entre Européens. L’UE c’est aussi un présent avec des galères concrètes mais aussi des réussites tout aussi concrètes : Erasmus, l’euro, la paix… Mais l’UE c’est avant tout un futur. Laissez-nous y croire !

Entre pizza et Cioccoshow

    « L’Italie est un paradis pour les gourmets ». Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le site marmiton.org, référence s’il en est en matière de cuisine ! ^^ Si j’ai un peu négligé mon blog ces derniers temps pour cause de partiels et de vacances, me voici de retour avec un article qui va vous mettre l’eau à la bouche.

     Souvenez-vous il y a quelques temps je vous avez révélé la vérité sur les spaghettis à la bolognaise (ceux qui se souviennent de l’article me rectifieront : les tagliatelle al ragù, pour les autres : https://litaliecanousbotte.wordpress.com/2011/09/15/bologna-la-grassa-petit-guide-de-survie-en-terrain-gastronomique/). Aujourd’hui il est temps pour moi de vous parler de tout le reste…enfin d’une partie !

     « Tout le reste », ça commence d’abord par les pizzas. L’espace de quelques heures, une des associations Erasmus nous a permis d’assister à une « leçon de pizza ». Résultat mitigé au final (un seul plan de travail pour près de 30 personnes => j’ai du attendre près d’1h30 pour faire ma pizza^^) mais l’honneur de pouvoir dire : « j’ai appris à faire une pizza avec un véritable « pizzaiolo » italien » !

Bien répartir la sauce tomate, tout un art !

     En Italie, parler de pizza c’est aussi parler de ses deux petites sœurs : la pizza al taglio et la piadina. La première, c’est tout simplement la part de pizza que vous pouvez acheter dans certaines pizzarias à 1,50€ (pour les margherita : juste sauce tomate/mozzarella) ou 2€ (pour les farcita). C’est simple, c’est devenu mon repas de midi habituel ! Et la piadina ? Composée de farine de Froment, de saindoux, de sel et d’eau, cette galette est tout simplement « le pain, ou mieux encore le plat national des Romagnoli (habitants de la Romagne)» (Giovanni Pascoli, écrivain italien). En pratique, ça donne ça : 1) choisissez la garniture de votre piadina (sauce tomate quasi obligatoire quand même ^^). 2) Faites cuire vos aliments. 3) Réchauffer votre galette à feu doux dans une poêle légèrement huilée pour que ça n’accroche pas. 4) Verser la garniture sur la piadina. 5) Refermer la piadina en rabattant un des côtés sur l’autre en croissant de lune. 6) Il ne vous reste plus qu’à déguster. Bon je ne vais pas m’étendre à parler des autres cousins de la pizza (le calzone…), je vous laisse admirer ce que ça donne en photo (le mieux étant quand même de le manger !

Une de mes premières pizza al taglio à mon arrivée.

Ma traditionnelle pizza al taglio du midi (avec des variantes : 4 fromages, jambon cru, marghe, aux légumes...), prise à côté de la fac.

Une piadina maison finissant de cuire (si mes souvenirs sont bons : sauce tomate, olives, anchois, mozzarella 🙂

Une piadina dans l'assiette (la baguette de pain française reste quand même indispensable ^^)

    Ensuite, je vous emmène dans un supermarché. L’occasion d’aller acheter un peu de fromage mais aussi de découvrir quelques particularités d’un Leclerc (le petit orgueil de faire ses courses en Italie tout en participant au PNB français ^^). Mais revenons au fromage et surtout AU Fromage : le Parmigiano Reggiano. Le parmesan, c’est vraiment LE fromage indispensable (avec la mozzarella bien sûr) en Italie. C’est bien simple : impossible de trouver de l’emmental râpé par exemple. Mais le must ça reste d’acheter un de ces sachets qui mélangent le parmesan à différents autres fromages râpés (comme le Grana Padan)… explosion de saveurs garantie ! Alors le rayon fromage typique italien, ça ressemble à ça : le parmesan en vedette, quelques autres fromages en étalage et surtout le prosciutto (jambon bien sûr) di Parma suspendu en arrière-plan !     Mais ce n’est pas fini : quelques mètres plus loin, un étalage spéciale parmesan (notez les quatre types de parmesan différents…).

Parmesan à l'avant...

...et à l'arrière !

     Bref : en Italie, quand on aime, on ne compte pas les mètres carrés dédiés aux aliments « vedettes » ! Petite vérif avec…

les pâtes bien sûr (avec au minimum le rayon d'en face recouvert dans le même genre, sans compter les pâtes fraiches dans un autre rayon...) !

les sauces tomates (bien sûr aussi !)

et les kinders/ferrero (là aussi, vous pouvez imaginez trois ou quatre fois cette photo !)

     On passe au dessert ? Une glace, ça vous convient ? Quoi ? L’hiver, il fait froid, tout ça… Bon d’accord : des sculptures de chocolat, du chocolat chaud, des gaufres au chocolat : c’est mieux ? Mais avant de vous parler du Cioccoshow de novembre, laissez-moi vous présenter quelques gelaterie de Bologne à ne pas manquer si vous passez par là un été.

     Ca c’est L’ottogono, juste à côté de ma collocation. Marlène (ma « collègue » de Sciences Po Rennes à Bologne qui m’a aidé dans mes recherches) vous le confirmera : la présence de ce glacier à deux pas de chez moi a été un des arguments de poids lorsque j’ai accepté de prendre la chambre ^^     Ensuite, voici la Cremeria Santo Stefano. Pas très loin des Sette Chiese (un « complexe » de 7 églises construites les unes à côté des autres au fil du temps, à voir absolument !), j’y ai vraiment mangé certaines des meilleurs glaces de Bologne.     Alors celle-là elle est un peu en dehors de la ville mais il ne faut pas la manquer ! Je l’ai découverte à la fin de l’une de mes premières visites de Bologne : la montée vers la Basilica San Luca (une basilique qui surplombe Bologne). En redescendant, les membres de l’association Erasmus qui nous accompagnaient nous ont conduits vers cette petite merveille. Pour moi, elle figure certainement sur le podium des meilleurs gelaterie de la ville.     Une dernière adresse : celle d’une des glaceries les plus réputées et fréquentées de Bologne. Honte à moi, je n’ai pas de photo mais rassurez-vous, elle est très simple à trouver : il suffit de se rendre en dessous des Due Torri, à l’angle de la via Zamboni et de la via San VitaleDelizia della nona, l’inferno, il sole…tellement de goûts à ne pas manquer !     Bon sinon je vous avez parlé d’un autre dessert : du chocolat. Et oui, du 16 au 20 novembre a eu lieu le Cioccoshowà Bologne : une sorte de festival du chocolat. Admirez, le travail !

Miam !

Thé ? Café ? Capuccino ?

Photos, photos !

Pour se divertir : rien de tel qu'un jeu de cartes...

...ou qu'une belle oeuvre d'art à contempler !

Trop mignons !

Je veux bien ces chaussures de sport moi !!!

Au bonheur des dames

Fraises, crême, chocolat chaud... 🙂

Lui aussi a l'air d'aimer ça !

Je veux avoir la même fontaine dans mon jardin !

     Ah si : pour ceux qui ne savent pas avec quoi décorer leur prochain sapin de Noël, voici une petite idée… Et bonne année à tous !!!

L'arbre de Noël sur l'image, il fait rêver, non ?